Guillemets

AS THEY PUT IT

Joan Mitchell

Abstract is not a style. I simply want to make a surface work. This is just a use of space and form: it’s an ambivalence of forms and space. Style in painting has to do with labels. Lot of painters are obsessed with inventing something. When I was young, it never occurred to me to invent. All I wanted to do was paint. I was so and still I am in such adulation of great painters.

Joan Mitchell, « Joan Mitchell: Retrospective Her Life and Paintings »,Kunsthaus Bregenz/ Museum Ludwig, Köln, 2015, p.56-57

« L’abstrait n’est pas un style. Je veux juste qu’une surface ait son propre fonctionnement. Il s’agit juste d’utiliser l’espace et la forme. En d’autres mots : une ambivalence de formes et d’espace. Le style en peinture est en lien avec les étiquettes. Nombre de peintres sont obsédés par l’idée d’inventer quelque chose. Quand j’étais jeune, je n’ai jamais pensé à inventer quoi que ce soit. Ma seule envie était de peindre. J’adulais et adule toujours autant les grands peintres. »

Joan Mitchell, « Joan Mitchell: Retrospective Her Life and Paintings »,Kunsthaus Bregenz/ Museum Ludwig, Köln, 2015, p.56-57

Walker Evans

Stieglitz wouldn’t cut a quarter-inch of a frame. I would cut any inches off my frames in order to get a better picture.
Walker Evans, « Walker Evans », The Metropolitan Museum, NY, 2000, p. 86

« Stieglitz n’aurait jamais recadré une photo d’un demi-centimètre. J’aurais enlevé tous les centimètres nécessaires pour améliorer la photo. »
Walker Evans, « Walker Evans », The Metropolitan Museum, NY, 2000, p. 86

Kit White
« In a successful painting or drawing, every mark has an equal but dual identity as both a stroke of paint and a part of the image the stroke creates. The material and the image should be one. (…) Your medium should be an expression of your image, and your image should arise from its medium. » Kit White, 101 Things to Learn in Art School, excerpt from advice n°56

Dans tout tableau ou dessin réussi, toutes les traces possèdent une identité égale mais duelle, à la fois comme touche de peinture et partie de l’image créée par le pinceau. Le matériau et l’image ne doivent former qu’un. (…) Le médium doit être une expression de l’image, l’image doit surgir du médium. Kit White, 101 Things to Learn in Art School, extrait du conseil n°56

Eugenio Montale

(…) Vedi, in questo silenzio in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del mondo, l’anello che non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando il giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità
(…)

Extrait du poème « I limoni », du recueil « Ossi di seppia » (1920-1927)
Excerpt from « I limoni », poetry collection « Ossi di seppia » (1920-1927)

Aaron Siskind

 » (…) personne d’autre ne peut voir exactement ce que vous avez vu, et l’image qui en résulte est unique ; personne ne l’a jamais faite avant, et personne ne la refera. L’image (…) possède l’unité d’un organisme. » Aaron Siskind, extrait de « The Drama of Objects », 1945, traduction trouvée dans « Aaron Siskind : une autre réalité photographique » de Gilles Mora, p. 187

“No one else can ever see quite what you have seen, and the picture that emerges is unique, never before made and never to be repeated. The picture (…) has the unity of an organism.« 
 Aaron Siskind, excerpt from  « The Drama of Objects », 1945, original English text found on: http://academic.evergreen.edu/curricular/thelens/docs/tlbi_syllabus.pdf


Aaron Siskind, « Credo 1950 »

« Quand je fais une photographie, je veux que ce soit un objet entièrement nouveau, fini et autonome, dont l’ordre constitue la caractéristique première – contrairement au monde des événements et des actions, dont la nature permanente est le devenir et le désordre.

En termes simples, on peut dire que trois éléments entrent en jeu lorsqu’on fait une photographie : le monde objectif (dont la nature permanente est le devenir et le désordre), la feuille de papier sur laquelle l’image se matérialisera, et l’expérience qui les réunit. D’abord, et sans réserve, j’accepte que la surface plane constitue le cadre de référence fondamental de l’image. L’expérience, quant à elle, peut se décrire comme une absorption totale dans l’objet. Mais cet objet n’est qu’au service d’un besoin personnel et des exigences de l’image : ainsi, ces rochers sont des formes sculptées ; cette partie d’un banal ouvrage de ferronnerie décorative, un ballet de formes qui s’élancent en rythme ; ces fragments de papier collés à un mur, des bribes de conversation. Et au bout du compte, ces formes, ces totems, ces masques, ces figures, ces silhouettes, ces images doivent prendre leur place dans le champ tonal de l’image et se conformer strictement à leur milieu spatial. L’objet est entré dans l’image, d’une certaine façon ; il a été photographié directement. Mais souvent, il n’est pas reconnaissable, car il a été arraché à son contexte ordinaire, séparé de ses voisins habituels et forcé à des relations nouvelles.

Quelle est la signification de ce monde en apparence si personnel ? On a évoqué l’idée que ces formes et ces images sont les personnages d’un monde souterrain, les habitants du vaste royaume ordinaire des souvenirs passés sous le niveau du contrôle exercé par la conscience. C’est peut-être le cas. Le degré d’implication émotionnelle et la foule des associations libres avec l’objet photographié vont dans ce sens. Cela étant, je tiens à souligner que ce qui m’intéresse moi est immédiat et se trouve dans l’image. Ce dont j’ai conscience et ce que je ressens, c’est l’image que je suis en train de faire, la relation de cette image avec d’autres que j’ai faites, et, plus généralement, sa relation avec d’autres images dont j’ai fait l’expérience. »

Aaron Siskind, courtesy of Aaron Siskind Foundation (http://aaronsiskind.org), traduction française issue de la monographie « Aaron Siskind : une autre réalité photographique », Gilles Mora, Hazan, 2014

Alec Soth

« Si un photographe veut prendre des photos de chatons, qu’il le fasse. L’important est de faire ce qui vous intéresse. Seuls ceux qui ne se laissent pas intimider par le fait qu’une chose a déjà été faite trouvent leur voie. (…) D’où vient cette idée de la nouveauté à tout prix dans le monde de l’art ?  » Alec Soth interviewé par Anne-Celine Jaeger dans « La photographie contemporaine par ceux qui la font » (p. 186)

« If a photographer wants to take pictures of kittens, so be it. What matters is to do what you’re interested in. Only those who aren’t afraid of things that’ve already been made, can find their ways. (…) Where does this idea of ‘new’ at any cost in art come from? » Alec Soth interviewed by Anne-Celine Jaeger in « La photographie contemporaine par ceux qui la font » (translated into English from the French version, p. 186)

Garry Winogrand

« Ni l’instantané, ni la photo documentaire, ni le portrait paysagiste ne peuvent circonscrire des esthétiques de l’image. Il n’existe que la photographie en soi, avec une esthétique qui lui est propre. » Garry Winogrand, Catalogue de l’exposition Winogrand au Jeu de Paume, p. 412

« Neither snapshot, nor documentary photography or landscape portrait can reduce the image aesthetics. There can only be photography itself, with its own aesthetics. » Garry Winogrand (Translation from the French version of the exhibition catalogue of Garry Winogrand at Jeu de Paume, Paris, 14 October 2014 – 8 February 2015)

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